Sur la côte nord, pandanus ou vacoas
s’érigent fiers, étalent leurs chapeaux feuillés,
chacun tels nombres de conifères à la fois,
tous garnis de fruits à pin quelqu’éparpillés.

Colonnade de filaos, forts comme chênes,
ploie sous le poids du souffle oblique de l’océan,
arcboutant leur majesté, non sans mille peines,
pour tenter de poindre tant et encore en grand.

Tantôt bruns, tantôt verts, tantôt rouges, flamboyants
dépeignent les saisons, même celle qui n’est pas,
dévoyés sans automne, déployés sans printemps,
marquant l’hiver alizé, l’été pas à pas.

Seule l’herbe drue patiente, impassible aux vents
de mer de requins, bitume galvanisé,
ou sous les pieds perclus ou véloces des passants,
même face à l’œil torve d’un cyclone blâmé.

Tertre peu nivelé au dessus de l’eau bleue,
attise la nonchalance et l’avidité,
à l’ombre de l’arbre élastique qui ne meut,
où Brise caresse, mais risées arrêtées.