Les roues tournent sans cesse pour toi, ville !
Même à pas lents,
en mouvance pour l'appât du gain,
en stagnance dans l'appât de ta brique.
Aux heures matinales ou des après-midi,
quand se mélange
le carbone brûlé de nos machines
aux exhalaisons vaporifiques de ton bitume,
la chaleur remonte
aux joues empourprées des collets et vitres montés,
aux fronts embués des moins bien lotis ;
les rayons de soleil laissent
les mêmes ombres d'arbres épars, de nombre poteaux électriques
et gravent
les mêmes rougeurs sur les faces d'amande.

Certaines s'occupent du temps
en paroles médiatisées, avec l'air de blablater,
dans des attitudes confinant à la folie.
D'autres scrutent l'horizon
des cœurs sensibles aux regards.
D'autres encore attendent des regards
enveloppés dans leur mémoire,
qui ne zyeutent jamais.

Ah ! monopoly de dés jetés sur un damier !
T'hait-on pour tes feux et tournants
qui allongent les coinceries, sources de souffrances
spatiales, temporelles, frontales, dorsales… ?
T'hait-on quand bien même
tu laisses sucer tes biens, en échange
d'amours de fonds de porte-monnaie
et de rebords de cabas ?

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